Conseil autochtone

Mandat :

Offrir du leadership, de l’information, des connaissances et des conseils au réseau ACCESS Esprits ouverts et à d’autres partenaires intéressés par rapport aux enjeux et aux questions relatifs aux peuples autochtones, pertinents aux fonctions du réseau ACCESS EO, notamment:

  1. Les droits des peuples autochtones, la culture, les traditions, l’histoire et circonstances ;
  2. Les besoins, les valeurs et les attentes des communautés autochtones en matière de santé mentale des jeunes et de déterminants sociaux de la santé ;
  3. Priorités, objectifs, programmes et stratégies pour atteindre les objectifs fondamentaux d’ACCESS EO (identification précoce, accès rapide, soins appropriés de qualité, continuité des soins au-delà de 18 ans, implication des jeunes et des familles/proches), intégration de la recherche dans la pratique clinique et collecte de données ;
  4. Conseiller et s’associer sur des plans de pérennité pour ACCESS EO ;
  5. Les principes PCAP : Propriété, Contrôle, Accès, et Possession ;
  6. L’intégration des Appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ;
  7. Établir des relations et diffuser les connaissances acquises grâce à l’information recueillie avec des communautés autochtones, dans le but de renforcer les capacités des communautés autochtones et des partenaires intéressés ;
  8. Promouvoir et encourager la participation des chercheurs autochtones et des jeunes chercheurs autochtones à ce projet et aux projets futurs.

Membres

Hiver 2018- Nouvelles

Les membres du Conseil autochtone déterminent les efforts d’ACCESS Esprits ouverts afin d’orienter la prestation des services de santé mentale aux jeunes vers des soins mieux adaptés culturellement, qui reposent sur la résilience du jeune. Le Conseil constitue un espace unique pour les aînés, les jeunes et les responsables de sites de la Première Nation d’Elsipogtog (Nouveau-Brunswick), de la Première Nation d’Eskasoni (Nouvelle-Écosse), d’Aaschihkuwaataauch (Mistissini, Québec), de la Première Nation de Sturgeon Lake (Saskatchewan), de Purvirnituq (Nunavik, Québec) et d’Ulukhaktok (Région désignée des Inuvialuit, Territoires du Nord-Ouest) à des fins de partage des connaissances. Le Conseil est en train de planifier une réunion en personne à Montréal afin de comparer les apprentissages avec trois communautés locales.

Gregory Brass, coprésident, Conseil autochtone, nous rencontrant pour communiquer ses idées sur ACCESS Esprits ouverts et le Conseil autochtone.

« Le site d’ACCESS Esprits ouverts à Mistissini, connu comme Aaschihkuwaataauch ᐃᔮᔅᒌᐦᑯᐧᐋᑖᐅᒡ qui signifie « offre d’aide urgente aux gens dans le besoin » a donné une occasion importante et opportune à la Nation crie de Mistissini et au Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James. L’initiative ACCESS Eo offre à la Nation crie de Mistissini et au CCSSSBJ un lieu et des moyens pour créer un service de santé mentale adapté et utile aux jeunes Cris et à leur famille.

Les gens du Sud ayant peu d’expérience des réalités de la vie dans les communautés nordiques risquent généralement de mal saisir les défis liés à la prestation de services de soins de santé dans le Nord – même les services de soins de santé les plus essentiels tenus pour acquis par les habitants de grands centres urbains. Si vous avez déjà vécu et travaillé dans une communauté nordique, vous constaterez vite la grande complexité des services médicaux et, plus important encore, pourquoi la dotation des fonctions cliniques clés pose toujours un problème de taille. La pénurie de services de base ou l’inscription du client à une liste d’attente interminable sont malheureusement des pratiques cliniques courantes.

Toutes les cliniques communautaires de l’Eeyou Istchee relèvent des défis quotidiens analogues à ceux de la clinique de Mistissini : rotation constante de médecins itinérants, venant surtout du Sud, liée à la pénurie et au taux de roulement élevé des membres clés du personnel : infirmières, travailleurs sociaux, travailleurs communautaires, techniciens, personnel administratif et autres employés essentiels au fonctionnement normal d’une clinique. Précisons que les cliniques communautaires locales peuvent offrir un bon niveau de soins de santé à tous les groupes d’âge, assurant les soins requis afin d’aider les patients à traiter une maladie chronique, comme le diabète, et le triage de cas urgents, au besoin.

Dans les services de santé mentale, la réalité décrite ci-dessus masque toutefois un tableau beaucoup plus glauque. Les troubles de santé mentale les plus graves et les urgences psychiatriques qui exigent un traitement immédiat et intensif ainsi que des périodes de stabilisation sont habituellement envoyés à Montréal, le plus souvent à l’Hôpital Douglas. Une fois stabilisé et pouvant revenir dans la communauté, un patient qui a reçu un diagnostic de trouble de santé mentale doit compter sur la clinique locale et des suivis occasionnels par un psychiatre itinérant. De plus, aucun service spécialisé constant n’est offert à l’échelle locale aux personnes ayant une maladie mentale ou qui ont besoin de soutien en santé mentale. Pour d’autres défis de santé mentale, comme l’anxiété, la dépression, la gestion de traumatismes et de problèmes affectifs ou relationnels complexes, des thérapeutes et des psychologues itinérants offrent environ dix jours de soins par mois. La liste d’attente pour obtenir un rendez-vous avec ces cliniciens compte malheureusement des centaines d’inscriptions et s’étend sur de nombreux mois. Enfin, même s’il est possible d’avoir accès à des praticiens de la santé mentale à Montréal ou dans un autre centre urbain – et le flot de demandes de consultation pour ce service est incessant – ces demandes ne sont pas toujours approuvées vu les restrictions budgétaires touchant les frais de déplacement et d’hébergement et d’autres motifs légitimes.

À de nombreux égards, la Nation crie de Mistissini (NCM) fait déjà beaucoup à l’échelle locale, avec et pour ses jeunes. Les services de la santé et du développement social de la NCM financent et organisent une vaste gamme de programmes et de services, et ils donnent des formations et des ateliers, notamment sur les camps pour enfants endeuillés, une formation appliquée en techniques d’intervention face au suicide (ASIST) et des premiers soins en santé mentale. Ils travaillent en collaboration étroite avec les aînés et les membres de groupes confessionnels. Les services des sports et des loisirs de la NCM font un excellent travail depuis des années, en obtenant l’engagement de jeunes par l’organisation d’activités officielles de sports organisés, en construisant des parcs de vélo et de planche à roulettes, en menant des activités, comme le yoga et les arts martiaux. Chaque année, ces services dynamiques empilent les réussites et continuent de s’améliorer. Quant aux programmes axés sur la terre, comme les excursions en raquettes et les brigades de canots, la NCM parraine ce type d’interventions depuis des années et on peut la considérer comme une pionnière. Le gouvernement de la Nation crie appuie le travail des conseils jeunesse de la Nation crie depuis des décennies, et le Conseil jeunesse de Mistissini est parmi les conseils les plus actifs. Ses membres ont récemment construit un nouveau centre jeunesse dont le personnel s’est engagé à fond dans l’élaboration d’activités et de programmes.

Des crises aiguës de santé mentale frappent chaque communauté, les maladies mentales peuvent toucher très durement la famille – Mistissini ne fait pas exception. Les jeunes d’Eeyou vivent de l’anxiété, de la dépression et des événements traumatisants graves. Par malheur, les idées suicidaires et tentatives de suicide sont trop fréquentes dans la communauté; la clinique locale a des ressources limitées et des crises multiples peuvent la déborder. Comme toute communauté d’Eeyou de l’Eeyou Istchee, Mistissini a besoin d’un service de santé mentale fiable et proactif et surtout, axé sur les jeunes. À de nombreux égards, malgré tout ce que l’on fait et réussit de bien à Mistissini, les services de santé mentale aux jeunes continuent de faire cruellement défaut.

À Mistissini, Aaschihkuwaataauch vise à favoriser l’élaboration d’un service de santé mentale proactif pour les jeunes et la famille. Nos efforts semblent fructueux à ce jour. Nous avons créé un service de santé mentale fiable, et on adopte graduellement nos services. De plus en plus de jeunes et leur famille consultent les cliniciens itinérants au Centre de ressources familiales où loge Aaschihkuwaataauch. Nous avons même offerts des services à quelques jeunes clients et reçu des jeunes de l’extérieur de Mistissini. Tout récemment, nous avons décidé d’étendre notre offre de services à plusieurs communautés proches d’Eeyou – Oujé-Bougoumou, Waswanipi et Nemaska. Au lieu d’envoyer des clients à Montréal, ces communautés peuvent les diriger à Mistissini, un contexte communautaire mieux connu où ils peuvent avoir de la famille, des amis et un réseau de soutien.

Le projet ACCESS EO est maintenant à demi réalisé, nous avons donc amorcé des pourparlers avec les principaux services de la CCSSSBJ afin de trouver une solution pérenne. Nous devons actuellement nous contenter des services contractuels de nos cliniciens itinérants, ce qui laisse bien sûr à désirer, mais la décision s’impose par nécessité. La solution à long terme prévoit la présence de cliniciens salariés à temps plein – une solution pérenne pour Aaschihkuwaataauch à Mistissini. À l’issue de ce projet, nous aurons un modèle afin de créer des services équivalents partout dans l’Eeyou Istchee et de permettre aux jeunes d’Eeyou et à leur famille d’accéder à des services de santé mentale.

Un dernier point que je voudrais mentionner concerne le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et son appel à l’action. Même s’il est parfois difficile à lire, c’est un compte rendu digne et éclairant d’un événement historique sombre et indigne au Canada. Ses messages sont importants, opportuns et, surtout, durables. Tout le monde, qu’il soit autochtone ou non autochtone, devrait lire le rapport et prendre le temps de comprendre ses recommandations et de réfléchir à la manière de les appliquer au quotidien. »

Aller à la barre d’outils